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Bail de location meublée : mentions obligatoires, durée et modèle 2026

Bail de location meublée : mentions obligatoires, durée et modèle 2026

Un bail de location meublée n'est pas qu'une formalité. C'est le document qui encadre vos droits et ceux de votre locataire pour toute la durée de la location. La loi du 6 juillet 1989 et le décret du 31 juillet 2015 fixent un cadre précis, avec des mentions obligatoires, des durées légales et des clauses strictement interdites. Un bail mal rédigé peut rendre une clause nulle, voire exposer le bailleur à un contentieux. Ce guide détaille tout ce que doit contenir votre bail meublé en 2026.


Bail meublé ou bail nu : les différences clés

La distinction entre location meublée et location vide ne tient pas qu'à la présence de meubles. Elle détermine un régime juridique complet, différent sur quatre points essentiels.

Location meubléeLocation vide
Durée du bail1 an (ou 9 mois étudiant)3 ans
RenouvellementTacite reconduction 1 anTacite reconduction 3 ans
Préavis locataire1 mois3 mois (1 mois en zone tendue)
Préavis bailleur3 mois avant échéance6 mois avant échéance
Dépôt de garantie2 mois de loyer hors charges max1 mois de loyer hors charges max

Le bail meublé offre au bailleur une plus grande flexibilité : durée plus courte, préavis réduits, dépôt de garantie plus élevé. En contrepartie, le logement doit être équipé d'un mobilier suffisant pour permettre au locataire d'y vivre normalement dès son arrivée.


Les mentions obligatoires du bail meublé

L'article 3 de la loi du 6 juillet 1989 (Légifrance) établit la liste des mentions que tout bail d'habitation doit contenir. En location meublée, des éléments supplémentaires s'ajoutent.

Identification des parties. Nom, prénom et adresse du bailleur (ou raison sociale si c'est une société), nom et prénom(s) du ou des locataires.

Description du logement. Adresse complète, type de logement (appartement, maison), surface habitable en m² (loi Boutin), étage, nombre de pièces, époque de construction du bâtiment.

Date de prise d'effet et durée. Date d'entrée dans les lieux et durée du bail (1 an en règle générale, 9 mois pour un étudiant).

Loyer et modalités de révision. Montant du loyer mensuel hors charges, référence à l'IRL (Indice de Référence des Loyers, publié trimestriellement par l'INSEE) si une clause de révision est prévue, périodicité de révision (une fois par an maximum), mode de paiement.

Régime des charges. Forfait de charges ou provisions sur charges avec régularisation annuelle. En meublé, le forfait de charges est courant et légal, contrairement à la location nue où les provisions avec régularisation sont la règle.

Dépôt de garantie. Montant (2 mois maximum), conditions de restitution (dans un délai de 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme, 2 mois si des retenues sont opérées).

Diagnostics techniques obligatoires. Le bail doit être accompagné du dossier de diagnostic technique (DDT) comprenant : DPE (Diagnostic de Performance Énergétique), constat de risque d'exposition au plomb si le logement est antérieur à 1949, état de l'installation électrique si elle a plus de 15 ans, état de l'installation gaz si elle a plus de 15 ans, état des risques naturels et technologiques (ERNT), diagnostic bruit si le logement est en zone exposée.

La liste d'inventaire du mobilier. Annexe obligatoire décrivant précisément chaque élément de mobilier fourni, avec son état. Cette liste doit être établie et signée conjointement à l'état des lieux d'entrée.


La liste des meubles obligatoires

Le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 (Légifrance) fixe la liste minimale des équipements que doit comporter un logement meublé. Un logement qui ne respecte pas cette liste peut être requalifié en location nue par un juge, avec toutes les conséquences qui en découlent (durée du bail portée à 3 ans, dépôt de garantie réduit à 1 mois).

Les 11 équipements obligatoires sont : literie comprenant couette ou couverture, volets ou rideaux dans les chambres, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur et congélateur (ou compartiment à conglation), vaisselle en nombre suffisant pour les repas, ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires, matériel d'entretien ménager adapté (aspirateur si moquette, balai et serpillère si carrelage).

Cette liste est un minimum légal. En pratique, un logement bien équipé (micro-ondes, lave-linge, télévision, etc.) est plus facile à louer et justifie un loyer plus élevé.


Les clauses interdites dans un bail meublé

Certaines clauses, même signées par le locataire, sont réputées nulles de plein droit. Les insérer dans le bail ne leur confère aucune valeur juridique et peut retourner contre le bailleur en cas de litige.

Sont interdits notamment : imposer au locataire de souscrire une assurance auprès d'un assureur désigné par le bailleur, prévoir des pénalités en cas de retard de paiement (seuls des intérêts légaux peuvent être réclamés), interdire au locataire de recevoir des visiteurs ou d'héberger des proches, prévoir la résiliation automatique du bail en cas de non-paiement d'une seule mensualité sans passer par le juge, faire supporter au locataire les frais de réparation des vétustés normales.

Depuis 2014, les honoraires d'agence sont strictement encadrés : leur montant ne peut dépasser celui payé par le bailleur, ni dépasser un plafond au m² fixé par zone géographique (12 euros par m² en zone très tendue, 10 euros en zone tendue, 8 euros ailleurs pour l'état des lieux).


Durée, renouvellement et condi de résiliation

La durée standard : 1 an

Un bail meublé est conclu pour une durée minimale d'un an. À l'échéance, il se renouvelle par tacite reconduction pour une nouvelle période d'un an, sauf congié donné par l'une ou l'autre des parties.

Le bail étudiant : 9 mois

Si le locataire est étudiant, le bail peut être conclu pour une durée de 9 mois, correspondant à l'année universitaire. Ce bail ne se reconduit pas tacitement : à son terme, il prend fin de plein droit sans qu'il soit nécessaire de donner congé.

Le congié donné par le locataire

Le locataire peut donner congé à tout moment, avec un préavis d'un mois. Le point de départ du préavis est la date de réception de la lettre recommandée (ou de la signification par huissier). Le loyer est dû jusqu'au dernier jour du préavis, même si le locataire part avant.

Le congié donné par le bailleur

Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de 3 mois. Le congié n'est valable que pour trois motifs légaux : reprise du logement pour y habiter ou y loger un proche (avec justificatif), vente du logement (le locataire bénéficie d'un droit de préemption en location nue, pas en meublé), ou motif légitime et sérieux (inexplication du loyer, troubles de voisinage constatés, etc.).

Si le bailleur ne respecte pas les formes ou les délais du congié, celui-ci est nul et le bail se renouvelle automatiquement.


Le bail mobilité : une option pour les locations courtes

Créé par la loi ÉLAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018 (Légifrance), le bail mobilité est un contrat de location meublée de courte durée, entre 1 et 10 mois, non renouvelable. Il s'adresse exclusivement aux locataires en mobilité professionnelle, en formation, en stage, en apprentissage, en études supérieures ou en service civique.

Ses spécificités : pas de dépôt de garantie (mais une caution ou une garantie Visale est possible), durée non prolongeable (un nouveau bail mobilité ne peut être signé avec le même locataire dans le même logement), préavis d'un mois pour le locataire, pas de préavis nécessaire pour le bailleur (le bail prend fin à son terme).

Pour le bailleur, le bail mobilité est intéressant pour occuper un logement pendant une période définie sans s'engager sur un an. La contrepartie est l'absence de dépôt de garantie et l'obligation de justifier la situation du locataire.


Les étapes clés avant de signer

Avant de remettre les clés, trois étapes sont indispensables pour être protégé en cas de litige.

L'état des lieux d'entrée. Il doit être établi contradictoirement (en présence du bailleur et du locataire, ou de leurs représentants) le jour de la remise des clés. Il décrit l'état de chaque pièce et de chaque élément de mobilier. Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état : le bailleur ne peut rien retenir sur le dépôt de garantie.

L'inventaire du mobilier. Signé conjointement à l'état des lieux, il liste chaque meuble et équipement avec son état (neuf, bon état, état d'usage, à remplacer). C'est la référence à l'état des lieux de sortie pour évaluer les dégradations éventuelles.

L'assurance du locataire. Le bailleur est en droit d'exiger une attestation d'assurance habitation couvrant les risques locatifs avant la remise des clés. Si le locataire ne peut en justifier, le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et lui en répercuter le coût.


Le lien avec la fiscalité et le statut LMNP

Le bail meublé est indissociable du régime fiscal LMNP. Pour bénéficier du statut de Loueur Meublé Non Professionnel et de ses avantages (amortissement du bien, charges déductibles), le logement doit effectivement être loué meublé selon les critères du décret de 2015. Un bail meublé bien rédigé, avec un inventaire détaillé, est la première preuve que le logement remplit les conditions du statut.

Notre article Fiscalité location vide ou meublée : quel régime pour payer moins d'impôts en 2026 détaille les quatre régimes fiscaux disponibles et leur impact chiffré sur un même bien.

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FAQ

Peut-on louer meublé sans signer de bail écrit ?

Non. Le bail écrit est obligatoire en location meublée à titre de résidence principale depuis la loi ALUR de 2014. En l'absence de bail écrit, le locataire peut faire requalifier la location et obtenir des droits étendus. Le bailleur prend par ailleurs un risque fiscal : sans contrat, la preuve du caractère meublé de la location est difficile à établir.

Peut-on augmenter le loyer entre deux locataires ?

Dans les zones soumises à l'encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, et d'autres villes depuis 2023), le loyer à la relocation est plafonné par un loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. Hors zone encadrée, le loyer peut être fixé librement à chaque nouvelle location, sous réserve que le logement n'ait pas été laissé vacant depuis moins d'un an.

Que se passe-t-il si le locataire ne restitue pas les clés à la date prévue ?

Le bailleur ne peut pas forcer l'entrée dans le logement. Il doit saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une ordonnance d'expulsion. En pratique, si le locataire reste quelques jours après le terme du bail sans payer, le bailleur peut réclamer une indemnité d'occupation égale au loyer jusqu'à la libération effective du logement.

Le dépôt de garantie peut-il être remplacé par la garantie Visale ?

Oui. La garantie Visale (caution gratuite proposée par Action Logement) couvre les impayés de loyer et les dégradations locatives à la place du dépôt de garantie. Elle est accessible aux locataires de moins de 30 ans et aux salariés en mobilité ou en période d'essai. Si le locataire bénéficie de Visale, le bailleur ne peut pas exiger de dépôt de garantie en plus.

Faut-il un bail spécifique pour une colocation meublée ?

Deux options existent. Un bail unique signé par tous les colocataires (solidarité de plein droit : si l'un ne paie pas, les autres doivent combler) ou des baux individuels signés séparément avec chaque colocataire pour sa chambre (plus souple, mais le bailleur gère plusieurs contrats). Le bail unique est le plus courant en colocation meublée car il simplifie la gestion et renforce la garantie pour le bailleur.

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