Mis à jour en septembre 2026
La vacance locative correspond aux jours pendant lesquels votre logement est disponible à la location sans être occupé, donc sans loyer. Le seul taux qui vous concerne est celui que vous calculez sur votre propre bien : jours non loués divisés par jours louables sur l'année. Les moyennes qui circulent partout, 24 jours entre deux baux, 80 à 90 jours de relocation, 7,7 % du parc vacant, mesurent trois réalités différentes, et aucune des trois ne décrit le risque de votre investissement. Voici comment les distinguer, comment traduire la vacance en euros, et pourquoi la zone tendue ne vous en protège pas.
Qu'est-ce que la vacance locative, exactement ?
Trois notions distinctes portent le même nom, et c'est la source de presque toutes les confusions.
La vacance frictionnelle désigne le temps qui sépare le départ d'un locataire de l'entrée du suivant. C'est la vacance saine, celle qui accompagne toute rotation. Elle se compte en jours ou en semaines et elle est budgétable.
La vacance structurelle désigne un logement vide depuis deux ans ou plus. Ce n'est plus un délai de relocation, c'est un signal de sortie du marché : le bien est inadapté, invendable en l'état, bloqué par une succession ou situé dans une zone sans demande.
La vacance de parc, celle que mesure l'INSEE, additionne tous les logements inoccupés quel qu'en soit le motif, y compris ceux qui ne seront jamais loués. Ce n'est pas un indicateur d'investissement, c'est un indicateur de politique du logement.
Confondre les trois conduit à budgéter n'importe quoi. La suite détaille chacune.
Combien de temps un logement reste-t-il vide entre deux locataires ?
Environ 24 jours en moyenne dans le parc privé, selon l'observatoire Clameur, qui mesure la vacance entre deux baux successifs sur les logements effectivement reloués. Ce délai était proche de 38 jours en 2018, et il s'est stabilisé depuis 2021.
Mais un autre chiffre circule et il est presque quatre fois plus élevé. Foncia relève 80 à 90 jours de délai de relocation sur son parc géré au premier semestre 2026. Les deux données sont exactes, elles ne mesurent simplement pas la même population.
Clameur observe l'intervalle entre la fin d'un bail et le début du suivant sur des biens qui ont été reloués, dans un parc intermédié plutôt urbain. Foncia observe le délai constaté sur son portefeuille en gestion, sur une période où les congés locataires se sont raréfiés et où les biens qui se libèrent sont, mécaniquement, les moins faciles à relouer. Quand les locataires en place bougent moins, les logements qui reviennent sur le marché sont en moyenne moins attractifs, et le délai moyen se dégrade même si le marché reste tendu.
À retenir : ne budgétez jamais une vacance à partir d'une moyenne nationale. Utilisez le délai constaté sur des biens comparables, dans votre ville et sur votre typologie.
Le taux de 7,7 % de l'INSEE s'applique-t-il à votre investissement ?
Non, et l'utiliser comme hypothèse de rendement est une erreur de catégorie. Au 1er janvier 2025, l'INSEE recense 3,0 millions de logements vacants, soit 7,7 % du parc, une part en baisse depuis le pic de 8,1 % de 2019.
Ce chiffre agrège des situations qui n'ont rien à voir avec la location : biens en vente, successions non réglées, logements en travaux, logements indignes ou en attente de démolition, biens conservés hors marché par leur propriétaire. Une grande partie de ces 3 millions de logements ne sera jamais proposée à la location.
Appliquer 7,7 % à votre prévisionnel n'est donc ni prudent ni conservateur, c'est simplement hors sujet. Selon votre marché, la bonne hypothèse peut être deux fois plus basse comme trois fois plus haute.
Faut-il investir en zone tendue pour éviter la vacance ?
Pas pour éviter la vacance frictionnelle : elle y est plus élevée qu'ailleurs. C'est le point le plus contre-intuitif du sujet, et la plupart des contenus disponibles affirment l'inverse.
D'après les données LOVAC exploitées par le ministère de la Transition écologique, le taux de vacance frictionnelle dans le parc privé s'établit à 6,9 % dans les communes en zone tendue (Abis, A et B1), contre 5,8 % au niveau national et 5,0 % dans les communes en zone détendue (B2 et C).
L'explication tient à la rotation. En zone tendue, les baux sont plus courts, les locataires bougent davantage, les biens changent de main plus souvent. À un instant donné, davantage de logements sont donc en transition. En zone détendue, les rotations sont plus rares, donc moins de biens sont entre deux baux à un moment donné, mais quand un logement se libère il met beaucoup plus longtemps à retrouver preneur, et le risque qu'il bascule en vacance structurelle est réel.
Les deux marchés ne présentent pas le même risque, ils présentent des risques de nature différente :
| Critère | Zone tendue | Zone détendue |
|---|---|---|
| Vacance frictionnelle | Plus fréquente, courte | Plus rare, longue |
| Vacance structurelle | Faible | Élevée dans les zones en perte d'attractivité |
| Profil de risque | Répété et prévisible | Rare mais potentiellement irréversible |
| Levier principal | Anticiper le préavis | Choisir le bien et le prix à l'achat |
Ce que la zone tendue protège réellement, c'est votre capacité à relouer. Pas votre nombre de jours vides.
Comment calculer le taux de vacance de votre bien ?
La formule tient en une ligne : jours non loués divisés par jours louables sur la période. Un logement vide 24 jours sur une année pleine affiche un taux de 6,6 %.
L'impact sur le rendement est immédiat. Prenons un T2 acheté 145 000 € frais inclus, loué 620 € hors charges :
| Hypothèse de vacance | Loyers encaissés | Rendement brut |
|---|---|---|
| Aucune | 7 440 € | 5,13 % |
| 24 jours | 6 951 € | 4,79 % |
| 2 mois | 6 200 € | 4,28 % |
| 3 mois | 5 580 € | 3,85 % |
Trois mois de vacance amputent le rendement brut de 1,3 point, soit un quart de la performance. C'est la raison pour laquelle une hypothèse de vacance doit figurer dans tout prévisionnel d'acquisition, au même titre que la taxe foncière ou les charges de copropriété.
Combien coûte réellement un mois sans locataire ?
Bien plus que le loyer perdu, parce que toutes les charges continuent de courir et que celles habituellement récupérées auprès du locataire retombent sur vous. Sur le T2 de l'exemple, avec 24 jours de vacance :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Loyer hors charges non perçu | 496 € |
| Charges de copropriété récupérables non récupérées | 48 € |
| Taxe foncière au prorata (1 100 €/an) | 72 € |
| Assurance propriétaire non occupant (150 €/an) | 10 € |
| Remise en état et diffusion de l'annonce | 300 à 500 € |
| Coût réel | environ 950 à 1 150 € |
Soit près de deux mois de loyer pour vingt-quatre jours de vacance. À cela s'ajoute l'échéance de crédit, qui tombe que le bien soit loué ou non.
Un point souvent oublié : une vacance prolongée doit être signalée à votre assureur propriétaire non occupant. La plupart des contrats prévoient des conditions particulières pour les logements inoccupés au delà d'un certain délai, et une omission peut fonder un refus d'indemnisation en cas de dégât des eaux ou de vol.
Risquez-vous la taxe sur les logements vacants ?
Pas si votre logement est réellement proposé à la location. C'est le point sur lequel une grande partie des contenus disponibles entretient une confusion inutilement anxiogène.
La taxe sur les logements vacants (TLV) s'applique de plein droit en zone tendue après un an de vacance, au taux de 17 % de la valeur locative cadastrale la première année d'imposition, puis 34 % à partir de la deuxième, majorés de 9 % de frais de gestion. Sur une valeur locative de 5 000 €, la deuxième année coûte donc 1 853 €. Hors zone tendue, les communes peuvent instituer une taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) après deux ans.
Mais la vacance doit être volontaire. Un logement proposé à la location au prix du marché sans trouver preneur relève de la vacance involontaire et échappe à la taxe. Il en va de même d'un bien en travaux lourds, d'une succession non close, ou d'un logement occupé plus de 90 jours consécutifs dans l'année. La charge de la preuve vous incombe : conservez les mandats, les annonces datées, les comptes rendus de visite et les baisses de prix successives.
Ce qui change à partir de 2027 mérite en revanche votre attention. L'article 108 de la loi de finances pour 2026 fusionne la TLV et la THLV en une taxe unique sur la vacance des locaux d'habitation (TVLH). Le taux de droit commun reste de 17 % puis 34 % en zone tendue, mais les communes pourront le majorer par délibération jusqu'à 30 % la première année et 60 % les suivantes. Hors zone tendue, le taux sera fixé librement dans la limite de 50 %. Paris a déjà annoncé viser le plafond. Autrement dit, la vacance constatée aujourd'hui pourra coûter deux fois plus cher demain.
Pouvez-vous déduire vos charges pendant une période de vacance ?
Oui, mais à une condition que beaucoup d'articles passent sous silence : vous devez prouver votre intention de louer.
Le principe fiscal est que les charges afférentes à un logement dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas déductibles des revenus fonciers. Or, aux yeux de l'administration, laisser un logement vacant équivaut par défaut à s'en réserver la jouissance.
L'exception, posée par le Conseil d'État dès 1974 et reprise dans la doctrine administrative, permet de déduire les charges si vous établissez que le bien est destiné à la location et que vous avez accompli les diligences nécessaires. Les juridictions administratives sont régulièrement saisies de ce contentieux et la charge de la preuve pèse sur le contribuable, année par année.
En pratique, constituez un dossier daté : mandat de gestion ou de relocation, captures d'annonces avec leur date de mise en ligne, échanges avec des candidats, factures de travaux de remise en état. Des attestations rétrospectives ou une annonce publiée tardivement ne suffisent pas.
L'assurance vacance locative vaut-elle son prix ?
Rarement en zone tendue, parfois en zone détendue. Le premier point à clarifier : la garantie loyers impayés classique ne couvre pas la vacance entre deux baux. Elle couvre le défaut de paiement d'un locataire en place, ce qui est un risque tout autre.
Quelques assureurs proposent une option de carence locative en complément de la GLI. Elle prend en charge un à trois mois de loyer entre deux baux, sous conditions strictes : préavis transmis, mandat de gestion ou de relocation actif, plafond de loyer, et surtout un délai de carence de 30 à 45 jours. Le surcoût annoncé est de 0,3 à 0,8 % du loyer charges comprises.
Ce délai de carence est le point décisif. Si la vacance moyenne sur votre marché tourne autour de trois à quatre semaines, la garantie ne se déclenchera jamais. Elle n'a de sens que si vos relocations dépassent structurellement six semaines, c'est-à-dire précisément dans les marchés où la vacance est un vrai problème. Faites le calcul sur votre historique avant de souscrire.
Quels leviers réduisent réellement la durée de vacance ?
La vacance se joue pendant le préavis, pas après le départ du locataire. C'est le levier le plus rentable et le plus négligé.
Dès réception du congé, vous disposez d'un à trois mois selon la zone et le type de bail. Le locataire sortant est tenu de laisser visiter le logement. Publier l'annonce à la réception du congé plutôt qu'après l'état des lieux de sortie fait souvent la différence entre zéro jour et six semaines de vacance.
Les autres leviers, par ordre d'impact :
- 1.Le prix. Un loyer surévalué de 5 % est la première cause de vacance longue. L'arbitrage est arithmétique : sur un loyer de 620 €, renoncer à 30 € par mois coûte 360 € par an, contre 950 € pour un seul mois de vacance supplémentaire.
- 2.L'état du bien. Un rafraîchissement léger entre deux baux, peinture, sols, robinetterie, se rentabilise généralement dès la première relocation.
- 3.L'adéquation à la demande locale. Un studio nu dans une ville étudiante se loue moins vite qu'un meublé. Identifiez qui loue dans le quartier avant d'acheter, pas après.
- 4.La qualité de l'annonce. Photos correctes, surface exacte, DPE affiché, charges détaillées. Une annonce incomplète filtre les candidats sérieux.
Le DPE est-il devenu une cause de vacance ?
Oui, et c'est une vacance d'un type nouveau, parce qu'elle est juridique et non commerciale. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ni d'un renouvellement en résidence principale. Les logements F suivront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034.
Concrètement, un propriétaire de G dont le locataire donne congé en 2026 ne fait pas face à un délai de relocation : il fait face à une interdiction. Le logement reste vide jusqu'aux travaux, avec le compteur de la TLV qui tourne au bout d'un an.
Une nuance importante joue en sens inverse : la réforme du DPE entrée en vigueur au 1er janvier 2026 fait sortir plusieurs centaines de milliers de logements du statut de passoire thermique par seul effet de la nouvelle méthode de calcul, sans travaux. Si votre bien a été diagnostiqué avant 2026 et se situe à la limite haute de la classe G, un nouveau DPE peut suffire à le rendre louable. Vérifiez avant d'engager un chantier.
Questions fréquentes
▶Quel taux de vacance faut-il retenir dans un prévisionnel d'investissement ?
Une hypothèse construite sur votre marché, pas sur une moyenne nationale. En zone tendue sur une typologie recherchée, 3 à 5 % est réaliste. En ville moyenne ou en zone détendue, retenez 8 à 10 %, voire davantage sur les grandes surfaces. Un projet qui ne tient plus avec une hypothèse haute est un projet fragile.
▶La vacance locative est-elle déductible des impôts ?
Le loyer non perçu n'est pas une charge déductible, puisqu'il n'a jamais été encaissé. En revanche, les charges supportées pendant la vacance (taxe foncière, assurance, charges de copropriété, intérêts d'emprunt, travaux) restent déductibles des revenus fonciers si vous prouvez votre intention de louer. Un excédent de charges peut alors générer un déficit foncier imputable.
▶Combien de temps un logement peut-il rester vide sans être taxé ?
Un an en zone tendue, deux ans hors zone tendue pour les communes ayant institué la THLV. Mais ces délais ne s'appliquent qu'à la vacance volontaire. Un bien réellement proposé à la location au prix du marché n'est pas taxable, quelle que soit la durée.
▶Faut-il baisser le loyer ou attendre le bon locataire ?
Comparez les deux coûts sur douze mois. Une baisse de 5 % sur un loyer de 620 € représente 372 € sur l'année. Un mois de vacance supplémentaire coûte environ 950 € tout compris. Au delà de trois semaines sans candidature sérieuse, la baisse est presque toujours la meilleure option.
▶Le meublé réduit-il la vacance locative ?
Il la raccourcit et la multiplie à la fois. Les baux meublés se relouent plus vite, mais leur durée est plus courte, donc les rotations sont plus fréquentes. Sur une année, le nombre total de jours vides n'est pas nécessairement inférieur. Le bail mobilité accentue encore ce phénomène.
▶Que faire d'un logement qui ne se loue pas depuis six mois ?
Six mois de vacance ne relèvent plus du délai de relocation, c'est un problème de positionnement. Reprenez les trois variables dans l'ordre : le prix par rapport aux annonces comparables du quartier, l'état du bien, puis l'adéquation entre le logement et la demande locale. Si les trois sont corrects et que rien ne bouge, l'arbitrage entre travaux lourds et cession se pose sérieusement, d'autant que le compteur fiscal de la vacance a commencé à tourner.



